Le Data Art, un nouveau territoire de communication

Art et Data, difficile d’imaginer deux mots plus mal assortis ! Pourtant, ensemble, ils définissent la création de formes artistiques, à partir de la nature numérique des données génératrices de Big Data : des graphiques, simulations, feuilles de calcul, statistiques …

Concrètement le Data Art transforme en images, en objets ou en sons toutes les données immatérielles produites par notre environnement.

L’artiste se réapproprie cette masse d’informations qu’on appelle les Big data et utilise sa verve créatrice pour redonner de la fantaisie à un univers de données et de concepts de plus en plus abstrait.

L’art et la technologie furent longtemps deux univers antagonistes qui ne se mélangeaient pas, jusqu’à l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes plus familiers des médias électroniques et qui apportent une nouvelle lecture du monde et de l’art. Utilisant couramment ces outils informatiques avec lesquels ils ont grandi (codage, programmation, travail sur les données …), ils abordent ces nouvelles technologies de l’information avec une dimension créative ; ils apportent à notre monde de plus en plus mathématique et rationaliste leur vision d’un univers plus complexe, secret et empreint de merveilleux.

Les entreprises ont vite compris le parti à tirer de l’utilisation des informations qu’elles produisent. « Les entreprises diffusent énormément de données avec les réseaux sociaux, les données d’activité commerciale et celles des espaces connectés. Le data art permet de représenter ces données de manière esthétique, dynamique et connectée et parfois en temps réel pour découvrir le patrimoine invisible d’une entreprise. » (Abdel Bounane, co-fondateur et Président de l’agence Bright). L’agence, fondée en 2014, compte une vingtaine de clients (contre 4 en 2015) pour un chiffre d’affaires d’un million d’€uros (200 000 €uros en 2015).

Raconter de nouvelles histoires

La mode étant au storytelling, il est tentant de profiter d’un nouveau matériau pour ciseler un nouveau discours, moderne, innovant et original.

Data art

Catastrophes naturelles dans le monde. Image extraite de l’exposition EXIT. Au Palais de Tokyo (novembre 2015 / janvier 2016)

Un marketing viral et interactif

Lorsque ERDF souhaite communiquer autour de son nouveau nom, ENEDIS, et sa nouvelle stratégie post-loi de transition énergétique qui réaffirme son rôle d’entreprise de nouvelles technologies, il choisit le Data Art. « On ne voulait pas faire de campagne de communication classique, on voulait raconter une histoire », (Robin Devogelaere, Directeur de la communication d’ENEDIS). On utilisera donc un mode de communication numérique pour mettre en avant ce côté « nouvelles technologies ».

« On a voulu montrer les synergies entre réseaux électriques et réseaux sociaux qui sont vecteurs de liens entre les populations », (Jean-François Allin, Directeur adjoint de la communication d’ENEDIS). Les participants découvraient leur « davatar », une créature générée à partir de leur usage des réseaux sociaux, ces « davatars » en s’accumulant révélaient les nouveaux noms et logos d’ENEDIS. Le Data Art permet d’enrichir ce côté viral et interactif de la campagne mais aussi « le rôle pédagogique et ludique qui permet de mettre un visage symbolique sur les datas », (Abdel Bounane, Président de Bright qui a réalisé le projet).

Un art de la médiation

Le Data Art ne se limite pas au marketing mais se situe « au croisement de l’art, de la communication et du design et a été permis par le numérique », (Abdel Bounane) qui souligne que c’est une nouvelle forme de médiation pour les espaces publics. Par exemple, ce projet de Bright avec le promoteur Oceanis, qui montrerait la consommation d’énergie en temps réel sous forme de data pour inciter à un comportement éco-responsable. « L’espace peut ainsi communiquer directement avec ses habitants et le data art permet de représenter des choses pas toujours très sexy pour sensibiliser », (Abdel Bounane).

Aux frontières de l’art et de l’information, le Data Art dépasse les mythes du scientifique abstrait et de l’artiste romantique pour proposer un acte artistique fondamental, critique sur le monde de l’information dans lequel nous vivons.

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