Startup ou get down

Emmanuel Macron veut faire de la France une startup nation.
Qui ne rêve pas de créer sa startup est un réactionnaire et un has been tant la frénésie pour la nouvelle économie est endiablée.
Pour d’autres, cette transe collective est puérile et dangereuse.
Mais ne glissons pas sur le terrain marécageux de la politique, et observons la startup comme une PME et non comme un mirage.

Directeur du bonheur, cool attitude et baby foot
Ils ne résument pas le quotidien d’une startup. On y parle plutôt volume d’activités, chiffre d’affaires, effectifs clients avec l’ambition de devenir une scale up : c’est-à-dire plus vraiment une start-up – car plus mature – ni tout à fait une société pleinement établie – puisqu’en pleine croissance.
Plutôt une PME qui change d’échelle. Il s’agit donc de structurer l’entreprise, mettre en place une stratégie de croissance et éventuellement lever des fonds.

Derrière le glamour et les opportunités, la casse est énorme
Il ne suffit pas de commencer par www pour que l’aventure se solde par une montagne de $$$. L’écrasante majorité des startups ne survit pas plus de 2 ans. Et 10 à 20% seulement passent le cap des 5 printemps.
En ce moment, les voyants sont globalement au vert : la French Tech a vu ses startups passer la barre des 3 milliards de dollars de financement en 2017. Plus impressionnant encore, le nombre d’opérations réalisées a cru de 45% entre 2016 et 2017 : de 513 opérations réalisées en 2016 à 743 en 2017.

Le premier financement est simple
Contrairement aux entreprises traditionnelles, les startups n’ont pas besoin de beaucoup d’argent pour commencer. Les économies personnelles, un peu de « love money » (l’argent des proches) et surtout Pôle Emploi – grâce aux ruptures conventionnelles le premier et très peu officiel financeur des startups – permettent de démarrer sans trop se mettre en danger.
Et puis il y a les subventions, les aides de BPI France et la course aux prix et aux événements : tout cela est très chronophage et se fait au détriment du temps passé au développement.
C’est quand on ne touche plus d’allocations chômage qu’on devient vraiment entrepreneur.

Et puis ne pas s’arrêter dans la « vallée de la mort »
C’est cet entre-deux dans lequel les startups vivotent sans monter en puissance. L’enthousiasme et un discours de « winner » à l’américaine ne masquent pas une réalité qui s’accompagne d’incertitude et d’une certaine précarité.
Trouver le bon produit pour le bon marché se révèle plus compliqué de de poser les premières briques du financement.

Les limites économiques de la startup
La startup se caractérise généralement par une importante pression commerciale et financière. Le chiffre d’affaires étant sa priorité, son énergie est davantage mobilisée par son développement que par la structure de son organisation. L’entreprise investit dans ses ressources technologiques pour développer son produit, sur ses forces commerciales pour le vendre et sur son service client pour qu’ils soient contents.
Lorsque le succès est au rendez-vous, c’est à l’âge de a maturité qu’intervient la nécessité d’une organisation qui favorise la poursuite de son développement.

Comment rester compétitif et continuer à croître
Les startups doivent redéfinir leur stratégie et se transformer pour viser une croissance rentable, en plaçant le « client first » au centre de sa stratégie : faciliter la communication entre les services pour gérer le parcours client dans son ensemble, du développement des produits au marketing, et du e-commerce au service client.
C’est là où la mutation de la startup s’opère réellement : dans la mise en place de process qui transforme un modèle désorganisé focalisé sur la vente en un modèle scalable.

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