Avoriaz a 50 ans – Episode 1 : Jean Vuarnet, la vision

Le 22 février 1960, Jean Vuarnet est Champion du Monde et Champion Olympique de descente à Squaw Valley. Il a 27 ans, sa carrière sportive est terminée. Pour quelqu’un qui a tout gagné, il faut un défi personnel et un véritable projet de vie pour continuer à avancer.

Son rêve : construire une station sans voiture en pleine montagne au milieu d’un domaine incomparable et inaccessible, Avoriaz, « ça vaut rien » en patois local

Jean Vuarnet s’attaque à son rêve avec la volonté d’un visionnaire, l’énergie d’un bâtisseur et une foi à soulever les …  montagnes. A l’époque des 30 glorieuses imaginer une station en rupture avec l’existant, qui fasse le pari d’éliminer la voiture pour placer le ski au centre de son projet semble insensé.

A l’époque, les stations de sports d’hiver étaient des villages nichés dans le creux de vallées entourées de montagnes. Le projet de Vuarnet s’inscrit en rupture avec ces stations traditionnelles. Il décide de bâtir sa station au milieu des pistes de ski dans des secteurs et à des altitudes où la neige est la meilleure. (“Je voyais déjà des champs de neige équipés pour le ski (…) d’emblée j’avais compris qu’il fallait aller jusqu’en Suisse”). La montagne n’a pas de frontières et Avoriaz va repousser ses limites pour étendre son domaine skiable sur la Suisse voisine, créant les Portes du Soleil, le premier domaine skiable transfrontalier.

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Jean Vuarnet, Emile Allais et Jean-Claude Killy devant les Dromonts

Jean Vuarnet négocie avec la commune de Morzine pour disposer de terrains à construire et rencontre de multiples hommes d’affaires pour trouver les financements importants que réclame un tel projet.

En février 1961, il passe commande du téléphérique le plus performant pour l’époque (“il fallait marquer un grand coup”) puis un téléski et un télésiège qui complètent le dispositif.

Les premières remontées mécaniques sortent de terre mais le financement est insuffisant et met le projet en péril. C’est alors que survient la rencontre providentielle : Robert Brémond, qui apporte son savoir faire de professionnel de l’immobilier et les fonds pour poursuivre les investissements nécessaires à la poursuite d’Avoriaz.

En mars 1963, le téléphérique des Prodains est inauguré(“Je peux affirmer que sans Jean Vuarnet, la station d’Avoriaz n’existerait pas. Il y a cru, il a foncé”. Francis Richard, maire de Morzine).

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La gare de départ du téléphérique reliant Morzine à Avoriaz

En véritable chef d’équipe, il aura su rameuter toutes les énergies par son charisme, son courage et sa présence permanente au milieu de ses troupes (“On était à la fois inconscients et courageux. On était même certainement fous”). Le rêve commence à prendre forme et l’avenir s’annonce radieux pour ces pionniers que les gens de la vallée commencent à considérer (“Ils savaient que cette montagne leur apporterait le salut, qu’elle permettrait le développement de toute la vallée, qu’elle donnerait du travail à tout le monde.”).

Avoriaz existe et surtout la dream team est constitué : Jean Vuarnet, Gérard Brémond, à qui son père Robert a confié le dossier Avoriaz, et un jeune architecte prometteur, Jacques Labro, car plus que jamais il s’agit de construire en pleine montagne une station révolutionnaire.

La semaine prochaine : Gérard Brémond, le challenge

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