Brexit, fake news et réseaux sociaux

Je reçois d’un lecteur – que je remercie – ce commentaire sur mon précédent article « la paradoxe des nouveaux outils de communication » :
«  Tout à fait d’accord. Mais je pense qu’il y a plus grave encore (…) : les réseaux sociaux génèrent des réponses simplistes et émotionnelles à des problèmes complexes (…).
Derrière c’est le chaos, car il n’y a aucune proposition structurée, construite, sur des sujets beaucoup plus complexes. Toutes les démocraties explosent et les réseaux sociaux nous emmènent paradoxalement dans le mur (…).
Il y a vraiment matière à écrire un sujet la dessus. Je joins un très bel article en prenant l’exemple du Brexit ».
Voici une synthèse de cet article, paru sur le site anglais www.medium.com

On peut comparer les « fake news » propagées sur internet à la restauration rapide
Et les messages outranciers mais attractifs à nourriture des fast food, riche en calorie mais pauvre en valeur nutritive. Les gens consomment une grande quantité d’information, d’une faible qualité. Cette culture politique opportuniste consiste à dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre afin qu’ils se forgent une opinion sur des propos malhonnêtes.
La controverse actuelle sur le Brexit illustre bien l’influence des réseaux sociaux et leurs messages percutants mais réducteurs et l’absence de débat de fond.

Les propositions actuelles sur le Brexit ne conviennent à personne
Les politiques qui lui favorables reposent sur des déclarations populistes sans fondement qui ne résistent pas à un examen minutieux. Mais personne ne semble y réfléchir pour peser dans le débat. Notre société est devenue paresseuse et oisive, inondée d’informations et d’opinions mais privée de faits et de certitudes. Victimes de la malbouffe, nous sommes rassasiés et gros mais malades et mal nourris.

Le Brexit est un sujet compliqué qui nécessite un compromis
Mais les populistes ne font pas de compromis. Refuser les compromis et suivre son idée en pensant que c’est la seule option mène au conflit. Au contraire, être conciliant et faire preuve de souplesse permet de le résoudre. Car le Brexit est un processus complexe qui nécessite beaucoup de compromis.

Aucun des Brexiter n’a jamais proposé de meilleure solution, pas même d’alternative
Et chaque fois qu’un Brexiter était en position de présenter ses propres résolutions, il a préféré démissionner. Aujourd’hui, il n’existe aucune solution réaliste pour quitter l’Union Européenne et reprendre le contrôle de notre souveraineté.
Résultat : nous restons dans l’union douanière, selon les règles européennes, mais nous n’avons plus notre mot à dire sur ces règles. Nous avons donc moins de souveraineté qu’avant. Nous serons également dans une position plus fragile pour négocier des accords internationaux et nous ne tirerons aucun avantage de notre appartenance à l’Europe.

Le Brexit fait exactement de la politique ce que la malbouffe fait de notre corps
Le pays s’est gavé de savoureuses promesses et le voilà malade d’un manque d’informations et de faits avérés. Le Brexit est ainsi le résultat d’un populisme inconscient qui fait des promesses sans se soucier de leur réalisation future.
Le parti conservateur est à l’épicentre du problème. David Cameron essayait de contrôler ses députés eurosceptiques pour devenir Premier Ministre, Boris Johnson suit le chemin le plus sûr pour le 10 Downing Street et Theresa May n’aspire qu’à y rester.

Ils sont les maîtres du jeu
Tout tourne autour d’eux et d’un parti politique qui a toujours été divisé au sujet de l’Europe. Leur propre ambition et leur politique intérieure déchire maintenant le pays. Mais en face d’eux, le parti travailliste se moque du Brexit et du Royaume-Uni, tout entier concentré sur son utopie socialiste.
Aujourd’hui nous avons besoin de sortir d’un discours politique empreint de populisme et d’idéologie afin de restaurer la confiance dans nos institutions et nos experts. Nous avons besoin d’une personne crédible, capable de s’élever au-dessus de ce combat, et qui fasse preuve d’un vrai leadership.

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