C’est le far west !

Et maintenant ce sont Google et YouTube qui sont accusés de collecter illégalement des données sur les enfants à des fins publicitaires. 23 associations de défense des droits numériques  et de protection de l’enfance ont déposé plainte auprès du régulateur américain.

Selon elles, « Google amasse ses informations sans en informer au préalable les parents et Google les utilise pour cibler ses publicités vers les enfants partout sur Internet, ce qui est formellement interdit depuis une loi de 1998. Google réalise des profits gigantesques avec les pubs pour enfants et doit respecter la loi ».

Attention ! Les Dalton sont en ville
Contacté par l’agence France-Presse, un porte-parole de Google a expliqué que le groupe n’avait pas vu la plainte et a sorti les salades habituelles : « protéger les enfants et les familles était une priorité, ajoutant que YouTube avait créé YouTube Kids, qui leur était spécialement destiné ».

Rendez-nous John Wayne
Toutes nos données numériques, que nous avons confiées bien naïvement sont utilisées abusivement par les GAFAM (Google, Apple, Amazone, Facebook, Microsoft) qui font fortune en les exploitant. Mais en plus la banque a été dévalisée car il n’y a pas de shérif pour arrêter les bandits. Dominique Boullier, sociologue et professeur à l’Ecole polytechnique de Lausanne, tient chaque semaine l’inventaire des « data breaches », les brèches de sécurité par lesquelles les hackers siphonnent les données : « il y en a sans arrêt. Le système a été conçu pour la vitesse à tout prix, mais le réseau fuit de partout ».

Vers un duel Etat – Gafam
La toute-puissance des Gafam doit être combattue par la puissance publique sinon nous serons confrontés à un braquage en règle qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Cela contrariera le modèle économique des GAFAM mais ne les empêchera pas d’en développer un autre (par exemple des régimes contractuels particuliers pour certaines sortes de traces numériques qui seraient monétisables). Le nouveau règlement européen sur la protection des données (RGPD) qui entre en vigueur en mai a pour objectif de protéger nos données personnelles, mais pas les traces que nous laissons lors de nos passages sur le net.

Le nouveau justicier s’appelle Max Schrems
En 2011, cet Autrichien réclame de Facebook une copie intégrale de ses données personnelles. Le dossier fait 1 222 pages ! Depuis, il ferraille avec les géants du net pour mettre fin « au grand mensonge de l’Europe sur la vie privée ». En novembre 2017, il créée l’association Noyb (none of your business) pour s’assurer que les lois européennes ont un vrai pouvoir en tentant de repérer, documenter, évaluer, dénoncer les manquements des entreprises vis-à-vis des citoyens avec , par exemple, la mise en place d’un outil pour les lanceurs d’alerte. « Nous voulons utiliser le RGPD et mettre sur pied une organisation chargée de garantir la vie privée de manière systématique et efficace » dit-il.

Et pendant ce temps, Rantaplan continue d’aller sur Facebook …

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