L’effectuation et ses effets à réation

L’approche « effectuale » suscite beaucoup d’enthousiasme car elle nous débarrasse des freins qui font obstacle à l’innovation. Elle libère les initiatives grâce à la co-création et l’open innovation. Alors jetez les business plan chronophages et largement inutiles : passez à l’action, observez les résultats, corrigez efficacement les trajectoires et ajustez les objectifs.

Tordons tout d’abord le cou à quelques mythes : l’entrepreneur n’aime pas particulièrement le risque, il cherche plutôt à le contrôler et à réduire l’incertitude. C’est rarement un génie mais il passe à l’action pour confronter ses idées à la réalité et les faire évoluer. Il ne prédit pas l’avenir mais cherche plutôt à participer activement à sa construction. Ce n’est pas un super héros mais un homme normal comme vous et moi, disons plutôt vous. Et enfin ce n’est pas un solitaire, il est entouré d’une équipe et a développé ses réseaux.

L’effectuation repose au contraire sur 5 grands principes :

1/ Plutôt que de vous fixer un objectif et trouver ensuite les moyens pour l’atteindre, démarrez avec les ressources dont vous disposez et imaginer ce que vous pouvez faire avec en pariant sur l’imagination.

2/ Plutôt que d’estimer le gain attendu, beaucoup trop incertain, consacrer temps et budget jusqu’à un niveau de perte acceptable si ça ne fonctionne pas. Vous contrôlerez les risques.

3/ Plutôt que d’avancer seul, construisez votre projet collectivement grâce à un réseau croissant de partenaires qui lui apportent des ressources et contribuent à l’orienter.

4/ Plutôt que de perdre votre temps à tout planifier encore et encore, sachez tirer partie des surprises qui ne manqueront pas d’arriver et organisez-vous en conséquence.

5/ Plutôt que d’essayer de deviner l’avenir de votre marché, construisez-le. Il n’y a pas de tendance inéluctable mais des ruptures qui dessinent de nouvelles aspirations.

Cette aventure « effectuale » possède sa propre logique, qui permet de construire l’avenir en privilégiant la coopération pour réduire l’incertitude, et de créer de nouveaux marchés dans notre monde complexe en mêlant activement action et réflexion. Les grands groupes seront toujours plus à l’aise dans leurs vieilles logiques causales faites de prévisions, d’objectifs précis, de budgets, de plans d’action, d’indicateurs de performances … Question d’histoire, de culture, de taille et de dirigeants.

Ces modes de fonctionnement et de management traditionnel sont à bout de souffle. Managers et collaborateurs le ressentent et les études le confirment. Ce qui est difficile dans une entreprise importante peut être consubstantiel aux startups car l’effectuation est beaucoup plus qu’une démarche entrepreneuriale. Le changement démarre par les individus, associés sur un socle commun qui évolue librement. Cette vision fait confiance aux acteurs pour créer spontanément et de manière auto-organisée des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent. Les grandes ruptures que nous vivons ont un point commun : l’individu redevient maître de son destin.

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