L’entreprise libérée n’est pas une utopie

 

La hiérarchie bureaucratique manque de créativité et d’agilité, elle ne développe pas « l’intraprenariat » et peine à attirer les salariés – surtout jeunes – qui ne veulent plus être de simples exécutants. Les salariés français sont les moins engagés d’Europe (9%)*. La France arrive en 51ème position ** (sur 140 pays) en ce qui concerne « la volonté de déléguer l’autorité dans l’entreprise » et à la 116ème place quant à « la coopération dans les relations salariés – employeurs ».

Au contraire l’entreprise libérée est une définition philosophique qui n’évoque pas les caractéristiques structurelles mais une finalité : offrir aux salariés la liberté d’action et la responsabilité qui va avec. Il n’y a pas de modèle ni de méthode pour la construire mais le rôle du « leader libérateur » est de co-construire avec les salariés un modèle unique de fonctionnement.

En France, Airbus, Décathlon, Michelin, Kiabi mais aussi des centaines de PME ont rejoint le mouvement.

Comment expliquer cette multiplication d’entreprises libérées, surtout en France, pays peu connu pour son regard positif sur le travail ? Elle offre 5 regards positifs.

Sur l’homme. Elle remplace l’idée que les salariés n’aimeraient pas le travail et préfèreraient être dirigés pour échapper aux responsabilités. Elle avance au contraire le postulat que les salariés cherchent à en avoir, qu’ils sont intelligents et créatifs.

Sur le travail. Ce n’est plus une obligation ni un lieu de souffrance. C’est un lieu de satisfaction des besoins psychologiques des salariés, comme le besoin d’égalité ou de réalisation de soi.

Sur le patron. L’entreprise libérée offre une dimension supplémentaire. Il n’impose pas les solutions mais les sollicite, il n’ordonne pas mais fait émerger l’action. Il s’occupe des besoins psychologiques des salariés tout en s’assurant qu’ils sont les moyens matériels suffisants.

Sur le manager. Son rôle est de contrôler et vérifier, source de stress car il empêche le salarié d’avoir un réel contrôle sur ses tâches. Il devient le leader au service de l’équipe en leur fournissant ce dont ils ont besoin afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Sur l’entreprise libérée. C’est la fin des conflits sociaux car elle pose aux salariés la seule question qui compte : « comment souhaitez-vous contribuer à la réalisation de notre vision commune ? ». Le sens retrouvé et la satisfaction des besoins de tous fondent le regard positif du salarié sur son employeur.

Si des centaines d’entreprises françaises abandonnent leur vieille hiérarchie bureaucratique c’est parce qu’un nouvel écosystème est en train de naître pour aider les libérateurs en herbe. Les salariés désirent trouver un sens à leur travail et assouvir leurs besoins psychologiques. Et les salariés français – et leurs patrons – ont plus envie encore de travailler dans une entreprise aux regards positifs.

 

* Sondage Gallup

** Rapport sur la compétitivité Globale du Forum Mondial

 

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