Les applis qui déshabillent les produits

Dans l’ancien monde, vous faisiez vos courses en magasin avec votre liste. Dans le Nouveau Monde, vous les faites toujours en circulant parmi les rayons, mais avec une appli.
Fini d’acheter des produits en fonction de la marque ou du prix. Vous pouvez maintenant décoder leur composition à partir d’un simple scan du code-barres.
Je vous résume un article paru le 4 novembre dans le Monde.

La révolution qui bouscule les linéaires
Plusieurs applications existent sur le marché, la plus populaire, Yuka a été lancée en janvier 2017. Avec 6,7 millions de téléchargements, elle est utilisée par tous ceux qui ne veulent plus fermer les yeux sur les produits qu’ils achètent au quotidien. L’utilisation de ce type  d’applis par les consommateurs augmente (15% des Français en novembre contre 5% en mars). Pour l’instant limitées à l’alimentaire et aux cosmétiques, ces applis s’intéressent progressivement à tout le contenu de notre caddy et donnent un avis, ou une note, et une alternative en cas de mauvais score.

On a tous envie de consommer mieux
Les scandales à répétition (viande cheval, lait, produits endocriniens …) ont créé « des strates de méfiance qui poussent le consommateur à vouloir reprendre la main sur ses achats. La transparence est en train de devenir un prérequis de la consommation » pour Nathalie Damery, présidente  de l’Observatoire société et consommation.Et les sondages tirent la sonnette d’alarme : les Français ont le sentiment de manquer d’information quand ils font leurs courses.

Des consommateurs qui changent
En étant soucieux de leur santé, ils influent sur le caractère éthique des marques et l’avenir de la planète. Ainsi des contributeurs bénévoles renseignent une base de données ouverte, gratuite et financée par des dons. Et Open Food Facts a glané près de 500 000 références alimentaires avec l’aide de 10 000 personnes.
L’écho rencontré auprès du public  aujourd’hui dépasse largement la base traditionnelle des consommateurs. Chez Yuka, il y a une majorité de femmes (60%), une grosse représentation de parents mais aussi une nombreux étudiants et seniors. Le phénomène ne se limite pas non plus aux bobos des villes.

Des industriels encore évasifs
Ils disent avoir entendu ces messages et ces attentes mais s’ils sont affectés par le sujet, ils prétendent ne pas avoir encore assez de recul sur ce phénomène nouveau. Mais comme tendent à le confirmer les mises à jour reçues par les applications, la valse des changements de recettes et des formulations s’accélère chez les grands labels comme chez les distributeurs : suppression d’additifs et de l’huile de palme, remplacement progressif du paraben par de l’acide lactique …

Des applis qui doivent rester irréprochables
Si elles parviennent aujourd’hui à maintenir la pression sur les marques, l’enjeu pour elles va être de rester légitimes et incontournables, aussi bien auprès des entreprises que des consommateurs. Leur pouvoir serait énorme et les recommandations d’alternatives d’achat peuvent les rendre suspectes. Leurs promoteurs en sont conscients et doivent rester honnêtes à défaut d’être parfaits.

Le problème du modèle économique
L’exemple à ne pas suivre, c’est GoodGuide, une appli pionnière aux Etats-Unis qui a été rachetée par un laboratoire qui travaille pour des marques : plus personne ne semble la consulter. Pas facile donc pour les startups de trouver le bon modèle économique.
Chez Yuka, on se définit comme une entreprise de l’économie sociale et solidaire. Elle est sur le point de lever des fonds (un peu moins d’un million d’Euros) auprès d’une structure d’investissement dans des projets à impact social positif. Elle étoffe son équipe et proposera en 2019 une version premium payante à 9,90 € avec de nouvelles fonctionnalités. Elle envisage également de lancer un label qui pourrait être décerné sur les produits « approuvés ». Tout en reconnaissant que cela pourrait encore ajouter à la confusion, déjà grande chez les consommateurs.

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