Soudain, devant moi … Jacques Chirac

Beaucoup de choses ont été dites sur Jacques Chirac, son bilan politique et économique, sa passion des arts primitifs, sa personnalité … J’ajoute une modeste contribution liée à notre rencontre le 17 septembre 2003.

Ce jour-là se tenaient à Sens les Rencontres Industrielles de l’Yonne, un salon dont l’objectif était de favoriser les relations entre les industriels de la région avec des clients venus de toute l’Europe.
Je faisais partie de l’agence mandatée pour faciliter les rencontres en organisant des rendez-vous d’affaires.

Deux jours plus tôt, nous avons appris qu’une personnalité visiterait le salon. Un ministre ? Mieux ! Le Premier Ministre ? Mieux ! Le Président !
Jacques Chirac faisait sa rentrée politique, il souhaitait mettre l’accent sur les PME et nous visiterait donc. Mieux encore, il ferait une halte sur notre espace pour nous rencontrer !
Peu avant son passage, Claude Chirac est passée nous voir pour s’assurer que nous étions prêts à rencontrer le grand homme.

Puis ce fut l’ouragan ! Nous le vîmes fendre la foule qu’il dépassait d’une tête. Je me répétais intérieurement les explications que j’avais apprises par cœur afin de faire bonne figure. Il approcha et soudain, il fut en face de moi. Il me serra la main d’une poignée franche et amicale. « Alors que faites-vous de beau ici ? »

Très impressionné, je balbutiai quelques phrases. Il me regarda avec une attention, une considération et une concentration que je n’ai depuis retrouvé chez aucun autre interlocuteur. Je me demande encore ce qu’il avait pu comprendre d’un tel galimatias abracadabrantesque. En trois phrases, il reformula exactement ce que j’avais tenté de lui expliquer. Puis il entreprit de serrer les mains, toutes les mains de chaque personne. Notre stagiaire, qui par timidité se cachait derrière une affiche, ne lui échappa pas. Il se jeta sur sa main comme si c’était une tête de veau.
Puis il repartit, souriant, tornadant vers d’autres aventures. Je me dis qu’il avait encore du, ce jour-là, glaner quelques voix.

Ainsi la politique se faisait aussi bien auprès des hommes qu’au cul des vaches.

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