Le télétravail, vu par les entreprises

Le télétravail était le plus souvent perçu comme une tolérance octroyée à ses collaborateurs. Mais en demandant le 18 avril aux entreprises de maintenir le télétravail « partout où c’est possible », le premier ministre Edouard Philippe a validé cette nouvelle donne : un rééquilibrage devrait avoir lieu entre le travail en présentiel et le télétravail.

Suite de notre série d’articles sur les effets de la crise du COVID 19. Comment de nouvelles solutions, ou la généralisation de pratiques existantes peut-elle nous aider à être plus performant, créatif, heureux. Bref, du pire, sachons tirer le meilleur !

Ce que dit le Code du travail
Il était flou juridiquement, notamment sur les accidents du travail et les heures supplémentaires. Réformé par Emmanuel Macron, il offre dorénavant un cadre juridique précis au télétravail, qui devient un droit.
Le salarié doit donner son accord, sauf circonstances exceptionnelles. Son refus ne peut constituer un motif de licenciement.
L’entreprise ne peut pas le refuser à un salarié sans un motif valable.

Le télétravail est une évolution logique de la tertiairisation de l’économie
17% de la population active européenne pratiquait déjà le travail en 2015*. Et ce n’est plus l’apanage des seuls cadres.
Les progrès de la technologie, le développement des infrastructures et des outils collaboratifs ainsi qu’une amorce de changement dans les mentalités avaient déjà rendu accessible le travail nomade.

Une accélération culturelle
Dans la logique de l’évolution culturelle entrepreneuriale, la culture du présentiel à tout prix a vécu. Le télétravail concerne désormais une large partie des travailleurs qui ont soif de liberté.
Plus question de métro-boulot-dodo, les salariés revendiquent maintenant une flexibilité et une confiance que les entreprises leur ont donné par obligation, et sont maintenant prêtes à leur accorder.

Une histoire de méthode
Aux salariés et aux managers de faire preuve d’agilité ! La pratique des réunions va évoluer : plus courtes, mieux organisées dans l’ordre du jour et la prise de parole.
Mais il sera toujours indispensable de se retrouver, de faciliter les échanges et les interactions pour que les salariés ne se sentent pas isolés. Enfin la confiance n’exclut pas le contrôle ni la discipline.

La confiance au cœur d’une bonne dynamique
Les salariés sont en demande de responsabilisation et d’autonomie. Aux managers de démontrer leur adaptabilité, qualité primordiale et à rebours de vieilles habitudes parfois bien ancrées.
La perte de contrôle managérial figure au premier rang de leurs craintes, selon l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise (OPE) : il est temps pour eux d’apprendre à assumer leur leadership et de sortir de leur zone de confort consistant pour certains à infantiliser leurs collaborateurs.

Un deal gagnant – gagnant
Les priorités de l’entreprise doivent être réaffirmées pour éviter que chacun n’avance en ordre dispersé. La communication reste primordiale dans la vie de l’entreprise : affirmer les canaux de circulation de l’information pour que chacun sache à qui s’adresser et suivre l’état physique et mental des salariés, car les mécanismes de coordination se relâchent automatiquement en télétravail.

Chacun a pu se rendre compte du contexte dans lequel travaille l’autre, la capacité de tous à « jouer collectif » sera primordial.

* Rapport de l’agence Eurofound « Working anytime, anywhere : the effects of work

 

La semaine prochaine : le télétravail, vu par les salariés.

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