L’Italie est à la fois un lieu de villégiature et un carambolage permanent avec la Renaissance. En vacances cette été à Milan, Parme, Bologne … la fréquentation de musées m’a questionné sur la façon dont les artistes italiens contemporains pouvaient créer en assumant un passé glorieux mais envahissant.
Et plus généralement, comment on pouvait s’extraire de la tradition pour exister.

La Renaissance
Entre le milieu du XIVème et la fin du XVIème siècle, cette révolution esthétique et intellectuelle, stimulé par l’Antiquité classique, met fin à la période sombre que fût le Moyen Âge pour nous projeter dans l’Europe moderne.
Il Rinascimento
Période d’exploration du monde, apparition de la pensée humaniste, diffusion des savoirs grâce à l’imprimerie … la Renaissance s’épanouit principalement en Italie grâce notamment à Michel Ange ou Léonard de Vinci.
Un décor écrasant
Dans ce musée à ciel ouvert où les maîtres anciens sont vénérés, comment les artistes italiens trouvent-ils leur place pour faire entendre une voix (voie ?) nouvelle dans un pays qui semble parfois figé ?
Innovation contre tradition
Les Italiens portent dans leur chair la gloire d’un époque révolue ; ils sont attachés à leur illustre et vénérable passé, et méfiants face à des formes artistiques nouvelles.
Si l’Histoire constitue un poids, elle est aussi une source de dialogue fertile, un tremplin pour réinterpréter les canons classiques et les confronter aux enjeux actuels.
Du bon usage de son héritage
Créer en Italie aujourd’hui, c’est dialoguer avec des fantômes sublimes qui hantent leurs musées. Un héritage est une richesse … et une prison.
Il cesse d’être une finalité pour devenir une matière première. On ne se construit pas en effaçant le passé mais en l’intégrant autrement.
Et nous ?
Nous portons tous le poids d’héritages multiples dont nous essayons de nous affranchir sans les renier. Reconnaissons nos héritages, identifions ce qui est ressource et ce qui est frein, acceptons la rupture, assumons l’incertitude et passons à l’action.
Soyons plus fidèles à nous-mêmes qu’à notre passé. Osons décevoir les attentes, déranger les habitudes, briser les modèles.
L’art de la rupture
La Renaissance fut, à l’époque, une rupture d’une audace scandaleuse. Sans elle, pas de renaissance possible aujourd’hui. La rupture n’est pas une trahison, mais la condition pour que quelque chose de nouveau advienne.
Rompons avec courage pour nous réinventer un avenir. Cela suppose d’expérimenter, de tester, d’échouer parfois …