Objectif Quantique

Le mot « quantique » a quitté les amphithéâtres de physique pour s’installer dans le débat public. Il évoque à la fois l’infiniment petit et un avenir de ruptures technologiques. Mais au-delà des laboratoires et des promesses industrielles, que signifie vraiment l’idée d’un monde « quantique » ?

Une théorie scientifique née au début du XXᵉ siècle
Elle explique le comportement de la matière à l’échelle des atomes.
Des chercheurs comme Albert Einstein ou Werner Heisenberg ont montré que le réel, à cette échelle, obéit à des lois déroutantes : incertitude, superposition, interactions à distance. Pendant longtemps, ces concepts sont restés confinés aux équations et aux expériences de laboratoire.

Aujourd’hui … des moteurs d’innovation.
Les États-Unis, l’Europe ou encore la Chine, conscientes de leur potentiel stratégique, investissent massivement dans les technologies quantiques.
Des entreprises comme IBM ou Google travaillent sur des ordinateurs capables de traiter des calculs d’une complexité inédite. Le phénomène dépasse le seul champ informatique. Il touche les télécommunications, la santé, la défense, l’énergie.

Plus une formule qu’une prédiction
Comme l’électricité hier ou le numérique plus récemment, le quantique va devenir une infrastructure invisible.
Nous ne manipulerons pas des « objets quantiques » au quotidien ; nous utiliserons des services, des réseaux, des outils dont une partie reposera sur ces principes physiques.

Une extension symbolique
Dans le langage courant, « quantique » devient synonyme de rupture radicale, de saut technologique, parfois même de mystère. Il nourrit une fascination collective pour l’innovation et pour l’idée que la science peut transformer en profondeur l’économie et les rapports de force géopolitiques.
La course mondiale au quantique n’est pas seulement scientifique : elle est industrielle, militaire, stratégique.

Une question centrale
A qui profitera cette révolution ? Comme toute avancée technologique majeure, elle pose des enjeux d’accès, de souveraineté et d’éthique. Les investissements colossaux nécessaires risquent de concentrer les développements entre les mains de quelques grandes puissances et groupes industriels.

Un avenir plus hybride que « tout quantique »
Le quantique viendra compléter le numérique classique, accélérer certaines recherches, sécuriser des échanges, affiner des mesures.
Ici, le quantique ne relève plus de la science-fiction, mais d’innovations en cours d’industrialisation. Il s’ajoutera aux briques déjà existantes de notre modernité technologique.

Plus une nouvelle étape qu’un slogan
Celle où la science fondamentale devient, plus rapidement que jamais, un levier économique et politique. Si le monde de demain est qualifié de quantique, ce sera moins parce qu’il aura changé de nature que parce que nous aurons appris à exploiter, à grande échelle, les étrangetés les plus insoupçonnées de la matière.

Bloc-notes culturel du 23 février 2026

Chaque lundi, quoi de neuf du côté des livres, du cinéma, du théâtre, des expos, des disques … de la vie quoi !

📽️ Vu « LOL 2.0 », avec Sophie Marceau, dont je suis amoureux (donc fidèle et empressé) depuis « La Boum ». Donc je vais voir ses films et celui-ci est beaucoup mieux que ce que la critique en dit. Sophie est confrontée à ses grands enfants, qui ont quitté le bercail, mais la sollicitent tout le temps alors qu’elle souhaite “profiter un peu de la vie”. Ou comment conjuguer “grand-mère” avec “désirable” …

📽️ Vu « Marty Suprême », avec Timothée Chalamet, qui fait du ping-pong sa raison d’être et la parabole de son destin. La petite balle comme métaphore de la vie : plus on lui tape dessus et plus elle rebondit et revient avec force. Ainsi les épreuves dans la vie de Marty dont il se sort pour subir la prochaine … Film grinçant et picaresque, réalisé tambour battant avec un cœur qui bat à 100 à l’heure.


🎭 Vu « Paire de dames a Villebon-sur-Yvette » au Guichet Montparnasse. Ne perdons pas de temps, c’est NON !

📕 Lu  « Les bons voisins », de Nina Allan, un polar insulaire aux relents fantastiques. Roman ambitieux et singulier où l’intrigue se perd dans les méandres des esprits et la complexité psychologique de ses héroïnes. Entre chronique intime et enquête criminelle, une hybridité complètement assumée. Prix Médicis Etranger 2025.

🖼️ Vu l’expo Dana Lixenberg à la MEP, hybridité encore, entre icônes pop et communautés marginalisées : des photos  de « people », souvent pour les couvertures de grands magazines et un travail plus personnel dans la durée comme  «  Imperial Courts » qui documente son travail sur la vie d’un quartier sensible de Los Angeles depuis 1993. Polaroïds instantanés ETportraits tragiques magnifiés par le noir & blanc…

📺 Vu « La voisine danoise », sur Arte.tv. Pas accroché du tout avec l’Ikéa de la série TV. Annoncée comme réjouissante et succulente, une histoire d’agente secrète en retraite sur un île d’Islande fade et insipide.

⚫ Ré-écouté l’incontournable, « Hotel California », dans la série des albums qui fêtent leurs 50 ans. Porté par la chanson culte – et longtemps mystérieuse – de 6 minutes 30, très loin de décrire le paradis d’une Californie fantasmée. C’est au contraire l’histoire d’un homme qui s’arrête au bord d’une autoroute, pousse les portes de l’enfer et en devient le prisonnier à tout jamais. Hotel California, antichambre de la drogue et de son addiction…

A lundi prochain …

L’IA, « oui mais… »

L’IA est une promesse : celle d’une croissance renouvelée, d’une productivité décuplée, d’une automatisation toujours plus poussée. Mais cette vision volontariste impose un affaiblissement de nos facultés de penser librement et une uniformité des contenus en adoptant un langage schématique et mathématisé.

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Comment organiser sa com en 2026 ?

Notre challenge pour 2026 : appliquer les bonnes recettes pour mieux communiquer. Entre l’omniprésence de l’IA, le besoin de légitimité et la nécessité de nous démarquer de nos concurrents, voici 5 ingrédients qui ont du goût pour en faire tout un plat.

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« Communiquer moins pour transmettre plus » ?

La formule de Régis Debray frappe juste. Elle résonne comme un diagnostic sévère de notre époque saturée de messages, de notifications et de flux sans fins. À ses yeux, l’hégémonie de la communication ferait de nous des êtres mobiles et connectés, mais sans mémoire ni histoire. L’instant l’emporterait sur la durée, le flux sur l’héritage. La formule est efficace, mais mérite d’être nuancée.

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Produire du contenu n’est pas communiquer

Il faut le dire clairement : produire du contenu ne suffit plus. Empiler des posts uniformes, publier des articles sans âme, répéter des formules toutes faites n’a jamais construit un discours. Aujourd’hui, la « production de contenu » est devenue le degré zéro de la communication écrite.

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