Internet n’est plus libre, bienvenue en 2018

En votant la suppression d’une règle qui garantissait la neutralité du Net aux Etats-Unis, la Commission fédérale des communications (FCC) a mis fin à l’un des principes fondateurs du net. Concrètement, cela veut dire que les fournisseurs d’accès, les FAI, peuvent désormais offrir un débit plus rapide aux internautes pour des services appartenant à leurs groupes ou qui payeraient pour être prioritaires, mais aussi bloquer l’accès à certains sites ou facturer les utilisateurs qui souhaitent les consulter.

De grands groupes, tels que Google, Netflix, Amazon… pourront payer les FAI pour que les internautes y aient un accès prioritaire. Résultat : l’internaute pourra être orienté vers des sites privilégiés. Par manque de moyens face à ces géants, certaines startups pourraient également avoir du mal à émerger.

Avec la neutralité du net
Un exemple très simple : vous n’avez pas à vous soucier des liens économiques que peuvent entretenir un média avec un opérateur. Vous voulez visiter site du journal L’Humanité ? Il suffit d’entrer son adresse dans le champ prévu à cet effet ou de passer par un moteur de recherche. Vous préférez Le Figaro, Le Monde ou Challenges ? Votre opérateur ne peut ni vous empêcher de vous y rendre ni brider votre accès.

Sans la neutralité du net
Vous pourriez devoir payer quelques euros en plus chaque mois sur votre abonnement pour accéder normalement à certains sites de presse. Par exemple, Altice, la maison-mère de SFR et Numericable, pourrait décider de privilégier les médias qui lui appartiennent (Libération, L’Express…) au détriment de groupes concurrents, alors discriminés : certaines pages se chargeraient plus lentement, et certaines plateformes seraient largement favorisées par rapport à d’autres.

Et ainsi dans tous les domaines
La fin de la neutralité du net impliquerait les mêmes conséquences pour l’écoute et le téléchargement de votre musique. On peut également imaginer que par exemple un opérateur comme Orange, qui a de grandes ambitions dans la banque dématérialisée avec Orange Bank entrave l’accès à ses concurrents en ligne comme Boursorama. Plus largement, les opérateurs pourraient, sous couvert de mesures de gestion du trafic, organiser un web à deux vitesses.

Conséquences directes
Les gros FAI américains sont en effet eux-mêmes créateurs de contenus : ComCast possède NBCUniversal, et AT&T cherche à racheter Time Warner. Tous les opérateurs télécoms pourraient mettre en avant leurs propres services et concurrencer leurs concurrents de façon déloyale : certains sites pourraient bénéficier d’un débit plus rapide en payant davantage alors que d’autres pourraient être pénalisés par exemple car ils représentent une concurrence aux opérateurs de télécommunications. Enfin, il existe également un risque politique car il est possible à un Etat de supprimer toute expression dissidente.

La France et l’Europe bien protégées
Ce changement concerne les Etats-Unis. En Europe, la neutralité du net est inscrite dans le droit européen depuis 2015. Il n’y a pas d’évasion possible puisque par définition les tuyaux sont des réseaux sur le territoire de chaque pays. Tous les acteurs, France Télécom, Free, Bouygues, SFR, qui ont construit ces réseaux sont soumis à la réglementation française et ne peuvent donc pas s’y soustraire. Pour l’instant …

Je vous souhaite une très bonne année 2018, une santé de fer, des amours nickel, une famille en or, des amis en béton et une rentrée … en argent.

Une réflexion sur « Internet n’est plus libre, bienvenue en 2018 »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *