Détruire pour innover … oui mais dans continuité

Faut-il casser pour reconstruire ? Après le « changement dans la continuité » de mon précédent blog, nous verrons ici que l’innovation ne survient pas directement après la rupture. C’est dans la continuité qui s’ensuit que se développe l’adaptation, créatrice de bienfaits. Car cela prend du temps pour qu’une rupture s’éparpille façon puzzle et se transformer en innovation.

La destruction créatrice
Pour Joseph Schumpeter, son grand théoricien, la destruction serait la véritable force motrice de la croissance économique. Cette course à l’innovation se solde donc par une véritable course en avant, un emballement du système. Les cycles économiques se raccourcissent toujours davantage …
Mais les crises sont-elles si créatrices ? Si les ruptures s’enchainent de plus en plus vite, le bénéfice promis à long terme par l’innovation est-il toujours bien réel ? Où sommes-nous menacer par le chaos ? Pour le savoir, regardons les bienfaits de la continuité, car sans long terme il y a ni évolution, ni innovation.

La création destructrice
Joseph Schumpeter lui a donné ses lettres de noblesse. Toutefois, on s’éloigne de plus en plus du concept initial. Viennent immédiatement à l’esprit les grandes catastrophes (une météorite provoque l’extinction des dinosaures !). Le pouvoir évocateur de sa formulation a fait le succès du concept, mais la réalité est toute autre.
Pour Schumpeter, « le nouveau ne naît pas de l’ancien, il lui fait concurrence jusqu’à le ruiner ». La croissance se nourrit alors de la rupture que constitue l’innovation.

La continuité créatrice
Les ruptures destructrices ne sont pas intrinsèquement créatrices. L’apparition de l’homo sapiens il y a 300 000 ans se fond dans la continuité des 65 millions d’années qui nous ont précédés. Si les crises modifient l’environnement, la période de construction qui la prolonge s’y adapte et devient créateur.

La question de l’accélération
Les innovations se succèdent de plus en plus rapidement, faisant souffler un ouragan perpétuel réduisant les périodes de continuité. Elles menacent à leur tour l’innovation, à force d’inventions devenues stériles, privées du temps nécessaire pour devenir viables.
L’illusion de cette course nous fait oublier la nécessité de ces moments de stabilité. Sans eux, pas de création, pas d’innovation et, même, par de rupture. Si les cataclysmes s’enchainent sans pause, c’est le chaos.

La sortie de l’illusion
Il n’est pas possible d’innover en permanence, cela reviendrait à inspirer sans jamais reprendre son souffle. C’est l’enchainement des ruptures et des périodes de continuité qui est créateur. Revalorisons la continuité sans nous laisser envoûter par le sensationnel de la rupture.
Plutôt que d’innover sans s‘arrêter, retrouvons un rythme naturel en pariant sur notre accession à un degré supérieur d’intelligence collective.

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