Les Chinois aussi ont leur GAFA

Les tout puissants GAFA ont suscité des vocations. La Chine ne pouvait pas ne pas créer sa propre pieuvre tentaculaire pour partir à l’assaut de la planète. Ainsi sont nés les BATX : Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi. Et c’est reparti pour la guerre froide …

Le pilier technologique
Dès la fin des années 1970, le Parti communiste chinois parle de la technologie comme d’un « outil de gestion sociale ». La vie privée s’arrête là où le pouvoir du parti commence. Il bloque et censure en temps réel tous les contenus Internet « déviants » grâce à sa « Grande Muraille coup-feu ».
Toutes les entreprises, privées et publiques, du pays sont au service de l’Etat avec pour mission de « nettoyer » le cyberspace et à y « protéger la sécurité et la souveraineté du pays », en fournissant des orientations politiques à ses membres et en les aidant à protéger leurs intérêts.

L’atout BATX
Baida, Alibaba, Tencent et Xiaomi sont un élément de la stratégie de l’Etat chinois. Ils sont d’autant plus redoutables qu’ils réalisent des profits gigantesques sur un marché intérieur de 1,4 milliards d’habitants totalement vérouillé (Google n’y a plus accès depuis 2010).
Ils passent maintenant d’un modèle de production à bas coût tourné vers l’exportation à une économie de consommation de biens et services à très grande échelle. Et ils sont en train de s’internationaliser pour partir à la conquête du monde libre et, par conséquent des données et du cerveau de l’humanité.

A la conquête du monde
Pékin est en pointe dans la définition de la future norme de téléphonie mobile à ultra haut débit 5G et très actif pour imposer ses standards dans les instances internationales. Comme au bon vieux temps de la guerre froide, Pékin a donné deux ans à toutes les entreprises et administrations d’Etat pour se passer totalement d’informatique made in USA.
Toute la chaine de valeur de de l’électronique mondiale devra être repensée, et avec elle, l’ensemble des échanges mondiaux. Le rideau de fer numérique s’abat à toute vitesse sur le monde.

La course à l’intelligence artificielle
Elle joue un rôle stratégique et les enjeux sont si importants que tous les coups sont permis.
Pour la Chine, l’I.A. est un moyen de redonner au régime la place politique censée lui revenir de droit. Les deux puissances projettent des fantasmes sur les possibilités de l’I.A., et chacun surenchérit pour surpasser les avancées prêtées à l’autre camp.

Les géants californiens victimes de chevaux de Troie ?
Selon le Pentagone, un quart des diplômés en sciences et technologies aux Etats-Unis serait originaire de Chine. Chez Facebook, les tensions se multiplient entre la direction de l’entreprise et la vaste communauté d’employés chinois depuis que Mark Zuckerberg se fait plus critique envers Pékin. Et si la stratégie des GAFA se retournait un jour contre eux ?

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