NON !

Mardi soir, je participais à une soirée de networking organisée par OptimRezo. Plus de cent entrepreneurs s’étaient donnés rendez-vous, à l’invitation d’Olivier Sarezinski pour faire connaissance et échanger.
J’ai fait la connaissance d’Henri L. (le prénom n’a PAS été changé). A la question, comment prospectez-vous. Il a répondu. Je dis que je n’ai pas envie de travailler. Et ça marche : il travaille !

Le privilège du travailleur indépendant
Evidemment, ne vous amusez pas à faire pareil en tant que salarié, vous tomberez sous le coup de l’insubordination et risquez de lourdes sanctions.
Mais si vous avez fait le choix l’indépendance, c’est-à-dire d’un mélange de liberté et de précarité, de semaines de travail qui se terminent le jeudi midi ou le dimanche soir, vous êtes probablement engagés dans un mouvement perpétuel de recherche de nouveaux clients.

La stratégie d’Henri
Elle parait insensée mais elle repose, me semble-t-il, sur deux postulats : compétences professionnelles et confiance en lui. Les premières nourrissent la seconde en le rassurant sur sa forte employabilité. Henri est 100% lui-même. Pour fonctionner, il faut être totalement sincère, sous peine de ne pas être crû : Henri n’a vraiment pas envie de travailler, mais il a fini par nous dire que la startup qui l’employait comme consultant avait réussi une levée de fonds et souhaitait l’embaucher. Pourquoi il a accepté ? Parce que le job le passionne !

Quelle leçon en tirer ?
L’exemple n’est pas reproductible pour chacun de nous mais il éclaire sur les mécanismes qui régissent les rapports client – travailleur indépendant. Dire non à un client est paradoxal si l’on considère que le client est roi. Mais c’est surtout inverser le rapport de force que les indépendants subissent pour rétablir une relation plus équilibrée. Car au final, un travailleur indépendant cherche de bons clients, qui cherchent de bons prestataires.

Du bon usage du non
On n’est pas obligé d’être aussi radical qu’Henri, mais il existe de nombreuses situations dans lesquelles savoir dire non, est salutaire. Et je ne parle que du bureau !
Dire non à un budget low-cost avec des exigences de riche, dire non à un délai beaucoup trop serré pour livrer une prestation de qualité, dire non à une stratégie qui n’est pas viable, dire non à des actions qui ne sont pas en cohérences avec l’entreprise.
Un refus s’explique, se justifie. Bien argumenté, il fera de vous un conseiller crédible plus encore qu’un prestataire.

L’expérience travailleur indépendant
Dire non ne veut pas dire rompre la relation. Il ne s’agit pas que de QVT. Il s’agit surtout de refuser d’aller là où on ne veut pas, affirmer ses choix, se faire respecter, renforcer sa confiance en soi, mieux se situer, calmement.
Dire non n’exclut aucunement de faire preuve d’empathie pour votre interlocuteur ni de le remercier. Et ne conduit pas forcément au conflit, surtout si vous proposez une situation alternative, celle en laquelle vous croyez et pour laquelle vous êtes prêt à vous passionner et à vous battre.

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