Rencontre du troisième type

Le troisième type c’est celui dont on ne parle pas ! Ni de droite, ni de gauche, ce n’est pourtant pas un extraterrestre : jamais sur la photo, pas forcément très expansif, pas très écouté non plus … Bref un représentant de la minorité silencieuse qui commence à donner de la voix ! Et à se faire entendre !

Adrien (le prénom n’a pas été changé)
J’ai rencontré Adrien samedi après-midi lors d’un mariage dans le Jura. Debout sous les frondaisons alors que le cochon tournait lentement sur sa broche, il m’a fait découvrir sa région. De vin de paille (cépages Chardonnay et Poulsard) en tranches de comté jurassien, nous avons fait plus amplement connaissance, comme deux étrangers cordiaux et prévenants.

Adrien, manutentionnaire
Le contentement des papilles encourageant les échanges, nous avons poursuivi notre discussion sur un mode plus personnel. Adrien m’explique qu’il a fait des études de chaudronnier mais qu’à la suite d’une mauvaise expérience, il se retrouve manutentionnaire, dans une entreprise où le patron lui a proposé de l’accompagner dans ses projets d’évolution avec un programme de formation. Adrien sait qu’il retrouvera son métier de chaudronnier. Il a confiance en lui.

Adrien, sans @
Nous n’avons pas parlé réseaux sociaux, ni réseaux du tout, mais humains. Les rapports entre les gens surtout … Ces choses simples sans jamais être banales qui construisent patiemment le quotidien.
Il était très critique sur la politique (c’était le dimanche du second tour des législatives) qui n’avait pas pour lui d’existence concrète. Le gouvernement, l’Europe n’étaient que des entités abstraites et inutiles, juste bonnes à créer du vide et du désordre.
Il n’a pas voté. Moi si.

Adrien, rat des champs
J’entendais sa petite musique qui n’est pas la mienne. Il né ici, il n’y peut rien … L’hiver on ne peut pas descendre au village quand il y a de la neige, mais il a besoin de ses champs, ses forêts, ses horizons et leurs odeurs.
Moi je suis né à Paris, je n’y peux rien non plus et je ne me verrais pas habiter à plus de 300 mètres d’un théâtre et d’une librairie. J’aime tant Paris, à condition de pouvoir m’en échapper de temps à autre.

Adrien, belle rencontre
Comment deux personnes que tout sépare peuvent-elles échanger ?
En s’écoutant.
En refusant de se juger.
En appréciant ce qu’a l’une et que l’autre n’a pas.
En acceptant l’idée qu’on soit complémentaire, et donc indispensables l’un à l’autre.
En ne cherchant pas à se convaincre.
En s’acceptant.
Ce que nous avons fait l’un et l’autre et que nous avons partagé comme un vrai moment de bonheur.

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